Histoire

Période ancienne

L ’étymologie de Montmélian, en latin " Montis Meliani ", viendrait de " Meillan ", qui signifie rocher, refuge, forteresse en langue celte. Au carrefour des vallées de la Combe de Savoie, du Grésivaudan et de la Cluse de Chambéry, Montmélian est situé au croisement des routes issues des grands cols alpins de Maurienne et de Tarentaise, avec celles du nord (vers Lyon et Genève) et du sud (vers Grenoble, Vienne et Valence). La voie romaine, après les cols du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis, longeait les coteaux le long de la rivière Isère, avec une station à Mantala (vers Saint-Jean-de-la-Porte), passait entre les deux Calloudes à Montmélian et poursuivait en direction de Lemencum (sur les hauteurs de Chambéry), avec une bifurcation par Francin vers Grenoble. Les traces de l’activité humaine sont nombreuses dans le secteur, avec notamment les vestiges de la villa gallo-romaine de Mérande, à Arbin.Durant le haut-moyen-âge, la zone de Chavors appartenait au domaine du roi de Bourgogne. Sur le site de La Perette, deux cimetières superposés ont été découverts, dont les tombes sont datées de l’époque gallo-romaine puis du haut-moyen-âge.Ainsi, les vestiges archéologiques attestent tous d’une occupation humaine quasi permanente du site de Montmélian depuis l’époque romaine.

Le Moyen Age

Un château est mentionné pour la première fois vers 1030, il est appelé " Pierre-forte ". Au XIIe siècle, Montmélian fait partie des résidences des comtes de Savoie. C’est un site essentiel de défense vis-à-vis du Dauphiné, face aux " marches ", ces vastes zones tampons aux limites indécises et fluctuantes qui servent alors de frontière. Aux XIIIe et XIVe siècles, Montmélian est un centre important, siège du bailliage de Savoie-propre, qui regroupe dix-sept châtellenies, divisions administratives de base de l’Etat Savoyard. Cela fait de la cité une véritable petite capitale, d’autant plus que le château est un des lieux de séjour favoris des comtes. Péages et droits divers permettent d’enrichir la châtellenie. Ville-frontière au croisement des routes marchandes, avec un pont en bois sur l’Isère depuis le XIIIe siècle puis en pierre à partir du XVIIIe , la cité de Montmélian-Arbin (les deux restent unies jusqu’à la fin du XVIIIe siècle) est dotée de franchises en 1233. Une forme de réussite économique est visible à travers l’installation des couvents des ordres mendiants, les dominicains dès 1318, puis les capucins en 1599-1600. Montmélian est aussi un site viticole réputé, dont les vins sont servis à la table des princes de Savoie. Les ducs possèdent leurs propres vignes au pied du fort, dont les vins sont offerts aux hôtes de marque.

Période moderne

Des sièges célèbres sont menés par les rois de France, François Ier (en 1536), Henri IV (1600), Louis XIII (1630) et Louis XIV (1691 et 1705), suite aux luttes d’influences pour les possessions italiennes et aux alliances des ducs de Savoie avec les empereurs Habsbourg. La citadelle est modernisée entre 1560 et 1570 pour l’adapter aux progrès de l’artillerie. Un système de bastions vient entourer le château fort. Au XVIIe siècle, Montmélian est considéré comme une des meilleures forteresses d’Europe, sans cesse remaniée, complétée, améliorée. La prospérité de la cité tient à plusieurs facteurs : située sur l’itinéraire des cols alpins, c’est un véritable " noeud " de communications, avec l’unique pont sur l’Isère entre Goncelin et Conflans. Le pont " Morens " (stable) est construit par l’architecte Cuenot de 1669 à 1684. L’importance du trafic routier favorise le développement d’une grande rue commerçante au pied du rocher du fort, avec ses échoppes, ses tavernes, ses auberges et ses hôtels. La citadelle fait travailler et vivre une partie de la population.Cependant, les guerres et sièges répétés du fort au XVIIe siècle remettent en cause l’existence même de la cité. La ville est à chaque fois en partie détruite et patiemment reconstruite. Les habitants obtiennent l’exonération des impôts suite à leur longue résistance aux troupes de Louis XIV durant le siège de 1691. Vauban vient inspecter les lieux et fait dresser un plan en relief, dont une copie est aujourd’hui visible au musée historique. Après un dernier siège, la citadelle est détruite sur ordre de Louis XIV en 1705.C’est le début de deux siècles de léthargie, le destin militaire de la ville étant achevé, le commerce décline aussi, d’autant plus que l’endiguement de l’Isère dans la première moitié du XIXe siècle déplace les zones d’activité. Mais la cité conserve sont rôle de centre-bourg du canton, avec une fonction viticole importante.

Epoque contemporaine

Il faut attendre la première moitié du XXe siècle et l’essor de l’industrie locale pour que la cité trouve un nouveau souffle et voie sa population s’accroître régulièrement. Depuis les années 1950, le paysage s’est beaucoup transformé, avec de nouveaux quartiers d’habitation et des zones industrielles. Cependant, la destination essentiellement viticole des coteaux demeure, ainsi que le vieux centre restauré, avec ses remparts et le fort devenu lieu de promenade, dont les vestiges viennent rappeler la glorieuse histoire. Et Montmélian conserve toujours sa vocation de carrefour des communications, avec les autoroutes et en attendant le TGV Lyon-Turin et Genève-Grenoble.

Les guides de la Ville de Montmélian et de l'Association des Amis de Montmélian et de ses Environs sont agréés "Guide du Patrimoine des Pays de Savoie".